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L'Art en Belgique: Fred Bervoets

    FB in aca 1997

Fred Bervoets (°1942) étudia à l'Académie d'Anvers et au Hoger Instituut de 1957 à 1966. Il a réalisé des peintures, des 'kijkkasten' tridimensionnels et du graphisme. Son œuvre graphique est très étendue et à coté des gravures, des lithographies et des sérigraphies, elle comprend aussi de très grandes réalisations selon une façon de travailler de son cru, qu'il appelle la technique "acide-verkeerd". Il peint sur des plaques de zinc avec de l'acide nitrique pur. Chaque grande image se compose de huit tirages indépendants, collés sur une toile, accrochés les uns aux autres, et le plus souvent encore retravaillé avec de l'acrylique. 

Son travail est pratiquement toujours conçu en séries: 'Spaghetti's', 'Totems', 'Armoires', la série 'Wounded Knee', les 'Cicatrices', 'Welcome home' et 'Pon Recce'.
Cela se rapproche du néo-expressionnisme (des automatismes, des enregistrements rapides d'impressions) et s'apparente au "Neue Wilde" en Allemagne (Penck, Immendorff, Baselitz, Rainer et autres).

Les séries du début sont pleines de tumulte et de chaos, ce qui rend leur récit difficile à suivre. L'idée centrale qui forme (littéralement) la couche de fond de chaque œuvre est le plus souvent une donnée anecdotique de nature autobiographique. Mais dans les phases suivantes du processus, cette base est retravaillée de manière sauvage et impulsive de sorte que l'outsider n'y reconnaît pratiquement plus rien. Ainsi, chaque œuvre est comme un processus d'échange avec lui-même. Seul l'artiste peut encore se retrouver dans l'histoire dans les stades successifs de la création.
L'histoire devient aussi plus complexe du fait de sa tendance à dire beaucoup de choses en même temps, de suggérer une totalité. Divers stades sont montrés simultanément, et ce à différents niveaux de profondeur. Chaque œuvre est une superposition née de collages. C'est plus ou moins comme une histoire en images, résumée en une grande image morcelée (Bervoets parle de lui-même comme d'un "stripschilder" et qualifie ses gravures de "bandes dessinés").
Il n'y a pas de perspective traditionnelle, mais plutôt une juxtaposition horizontale et verticale comme dans les fresques du moyen-âge. Jamais deux éléments ne se trouvent exactement dans le même plan. Les différents plans ne sont pas stables, mais semblent mobiles les uns par rapport aux autres. La "profondeur" d'une image déterminée dépend de comment on regarde. On peut ramener vers l'avant une figure déterminée depuis "l'arrière-plan" ou encore la faire disparaître dans la profondeur selon la relation avec les autres représentations. Il y a donc une sorte de "perspective entonnoir". Souvent on peut y voir l'artiste, parfois plusieurs fois dans la même œuvre.

Ses œuvres plus récentes sont plus légères et beaucoup plus claires, mais pas pour autant moins expressionnistes et déprimantes. La série Welcome Home raconte l'histoire de sa vie conjugale ratée, la série Pon Recce traite de ses souvenirs de sa vie de soldat.

Paul ILEGEMS

(photo: Fred Bervoets en 1997, dans son atelier de peinture à l'Académie des beaux-arts à Anvers)

Categorie
Beeldende Kunst
Auteur
Paul ILEGEMS
Datum
06 november 2011

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